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Sommet ASEAN-GCC-Chine : une révolution silencieuse à l’ombre du dollar

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ASEAN-GCC-China summit leaders meeting in Kuala Lumpur 2025
Leaders from ASEAN countries, Gulf Cooperation Council (GCC) states, and China gathered at the historic 2025 summit in Kuala Lumpur.

Le premier sommet ASEAN-GCC-Chine s’ouvre aujourd’hui à Kuala Lumpur, une ville symbolique et stratégique située au carrefour de l’Asie et du Golfe. En effet, ce rassemblement marque un moment important dans l’évolution de l’architecture de la diplomatie Sud-Sud. Il témoigne également du virage clair de la Chine vers le Sud global. Ce tournant a véritablement commencé avec la guerre commerciale sino-américaine lancée en 2018 sous l’administration Trump.

Plutôt que de s’engager dans la logique stérile de confrontation privilégiée par Washington, la Chine forge des liens pragmatiques avec ses voisins et ses partenaires émergents, proches comme lointains. Ces efforts se concrétisent dans ce que Pékin présente discrètement comme une « révolution du développement économique ». Cette révolution est portée par le commerce, les infrastructures et les flux de capitaux, plutôt que par l’idéologie ou les alliances militaires.

ASEAN-GCC-Chine : convergence stratégique

Ce sommet trilatéral réunit l’ASEAN¹, le Conseil de coopération du Golfe (GCC)² et la Chine, et ne se limite pas à une simple diplomatie cérémonielle. En réalité, il représente un bouleversement majeur dans l’organisation des échanges commerciaux et financiers mondiaux. Au cours des cinq dernières années, la Chine et les États du Golfe ont multiplié les flux d’investissements directs. Ils contournent souvent le dollar américain en utilisant des monnaies nationales ou des intermédiaires tels que le centre financier de Hong Kong. De plus, cette hausse des investissements du Golfe vient compléter les projets d’infrastructures et énergétiques chinois dans la région.

Un diplomate proche du sommet aurait déclaré : « L’objectif n’est pas de provoquer une confrontation avec l’Occident, mais de protéger la croissance des turbulences financières mondiales. »

La vraie histoire : la dé-dollarisation à l’ordre du jour

Alors que les déclarations officielles mettent l’accent sur le commerce et la connectivité, le sous-texte de ce sommet est profondément géopolitique : la dé-dollarisation. La Chine, ainsi que d’autres membres des BRICS, a accéléré ses efforts pour construire un système financier multipolaire. L’objectif est de réduire la dépendance au dollar américain. Les mécanismes développés vont des accords bilatéraux de swap et des plateformes de monnaies numériques à l’utilisation des monnaies locales dans le commerce du pétrole et du gaz. Cela est particulièrement vrai avec les États du Golfe.

Par conséquent, le sommet ASEAN-GCC-Chine représente bien plus qu’un simple alignement régional. Il reflète l’émergence d’une nouvelle logique financière mondiale. Le dollar américain n’est plus le moyen d’échange incontesté. Cette révolution silencieuse est autant monétaire que diplomatique — et la Chine s’y positionne au cœur.

Conclusion

Avec son ouverture à Kuala Lumpur, le sommet ASEAN-GCC-Chine marque un tournant dans les affaires mondiales. Il allie pragmatisme économique, coopération Sud-Sud et rééquilibrage monétaire. Dans cette convergence, le rôle de la Chine en tant que leader de la dé-dollarisation et d’une mondialisation alternative devient de plus en plus évident — et peut-être, plus durable.


Notes :

¹ ASEAN = Association of Southeast Asian Nations
² GCC = Gulf Cooperation Council

Photo : Syaiful Redzuan – Anadolu Agency via Middle East Monitor.

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